Crise Diplomatique au Soudan : Tensions explosives entre le Général al-Burhane et les Émirats Arabes Unis

Crise Diplomatique au Soudan : Tensions explosives entre le Général al-Burhane et les Émirats Arabes Unis

Le général Abdel Fattah al-Burhane, à la tête de l’armée soudanaise, se trouve au cœur de vives tensions avec les Émirats arabes unis. Les récents événements ont été marqués par l’expulsion de diplomates et des accusations graves, créant une situation complexe dans la région.

Le général Yasser Atta, numéro deux de l’armée soudanaise, a déclenché la crise en accusant publiquement les Émirats arabes unis d’être un « État mafieux ». Selon lui, Abou Dhabi aurait pris la voie du mal en apportant un soutien aux Forces de soutien rapide (RSF) dirigées par le général Mohamed Hamdane Daglo, un rival dans le conflit soudanais. Les accusations vont plus loin, alléguant l’envoi d’armes aux RSF via des itinéraires complexes passant par l’Ouganda, la Centrafrique et même le Tchad, avec le concours du groupe de mercenaires russes Wagner. Le général Atta a pointé du doigt le maréchal Haftar, influent dans l’est libyen, affirmant que les avions transportant les armes atterrissaient même à l’aéroport de N’Djamena.

Les Émirats arabes unis n’ont nié ces allégations, mais les tensions persistent. Les experts soulignent que jusqu’à récemment, le général Burhane avait adopté une approche prudente et diplomatique, notamment les confrontations verbales directes avec des acteurs clés tels que Haftar, la Russie ou Abou Dhabi. Certains analystes suggèrent que le cheikh Mohamed ben Zayed al-Nahyane, président des Émirats arabes unis, aurait soutenu le général Daglo en raison de son engagement dans la guerre saoudo-émiratie au Yémen, ainsi que des avantages tirés du commerce de l’or, bénéfice également aux Émirats.

La crise atteint son paroxysme avec l’expulsion des diplomates soudanais par les Émirats, entraînant une réaction similaire du Soudan. Quinze diplomates émiratis ont été déclarés persona non grata, marquant un tournant dans les relations entre les deux pays. Les observateurs notent que cette escalade témoigne de pressions croissantes sur le camp militaire au Soudan, en particulier face aux RSF qui contrôlent une grande partie du territoire. Ce geste audacieux pourrait être une tentative désespérée pour attirer l’attention sur les fournitures d’armes présumées aux RSF par les Émirats, mettant en lumière les enjeux complexes de la région. La situation reste volatile, avec des implications potentielles sur les plans régionaux et internationaux.

Stéphane T.

laredaction

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